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Tu te demandes si sauter un repas pendant 24 heures d’affilée peut faire fondre les kilos. La promesse est alléchante : on ne mange rien un jour, on reprend normalement le lendemain, et la balance dégringole. J’ai reçu une dizaine de messages sur le sujet ce mois-ci, donc j’ai décidé de plonger dans les études, les avis de nutritionnistes et les mises en garde officielles. Voici tout ce que j’ai trouvé, sans langue de bois.
Jeûner 24 heures, c’est ne rien avaler qui contient des calories pendant une journée entière, en général d’un dîner au dîner du lendemain – ou d’un petit-déjeuner au suivant. La méthode la plus connue s’appelle Eat-Stop-Eat, popularisée par Brad Pilon. Le principe : un à deux jours par semaine, on ne boit que de l’eau, du café noir ou des tisanes non sucrées, et on reprend une alimentation normale le reste du temps.
Contrairement au jeûne quotidien 16/8 (fenêtre de repas de 8 heures), ici on parle d’un arrêt complet de 24 heures. Le corps doit donc puiser dans ses réserves de glycogène, puis passer en mode cétose et éventuellement activer l’autophagie, un processus de nettoyage cellulaire que la recherche observe surtout sur des animaux et des jeûnes plus longs (à partir de 24-48 heures).
Oui, ça fait maigrir, mais pas plus qu’un bon vieux rééquilibrage alimentaire. Les études compilées montrent une perte de poids de 3 à 8 % du poids initial sur 3 à 24 semaines, chez les personnes qui jeûnent 1 à 2 jours par semaine. Cependant, des études comparatives avec un régime hypocalorique classique (manger moins chaque jour) aboutissent à exactement la même perte de poids : environ 5 à 6,6 kilos après un an, sans avantage pour le jeûne.
Si tu as déjà perdu 2 kg en une semaine de jeûne 24 h, ne crie pas victoire trop vite. Cette perte précoce est majoritairement de l’eau et du glycogène (les réserves de sucre dans le foie et les muscles). Dès que tu remanges normalement, les stocks se reconstituent et l’aiguille remonte. L’effet durable dépend uniquement du déficit calorique global et de ta régularité.
Aucun ne surclasse l’autre. Quand on retire les calories de manière identique sur une semaine, le poids perdu est similaire, à 1-2 kg près. Le jeûne 24 h est juste un outil pour créer ce déficit sans avoir à compter tous les jours.
| Critère | Jeûne 24 h (1 à 2 fois/semaine) | Régime hypocalorique classique |
|---|---|---|
| Perte de poids à 12 mois | ~5 à 6,6 kg (moyenne) | ~5 à 6,6 kg (moyenne) |
| Composition de la perte | Environ 50 % graisse / 50 % muscle si protéines insuffisantes | Majoritairement graisse si bien structuré |
| Simplicité de suivi | Élevée 1 jour, difficile à tenir les autres jours | Répartition quotidienne régulière |
| Faim et énergie | Maux de tête, fringales intenses le jour de jeûne | Faim légère à modérée, mieux répartie |
| Risque TCA (troubles alimentaires) | Élevé si répétition et frustration | Faible à modéré selon l’équilibre |
Le jeûne intermittent, y compris le format 24 h, pourrait améliorer certains marqueurs métaboliques, mais les preuves restent contradictoires et souvent issues d’études animales. Voici ce que les données laissent entrevoir – sans garantie.
⚠️ Important : ces effets métaboliques sont surtout documentés pour le jeûne 16/8, plus facile à maintenir. Le format 24 h, lui, est classé comme « jeûne plus extrême » par l’Institut Pasteur, avec un rapport bénéfice/risque moins favorable.
Dans les 24 heures sans manger, la plupart des personnes ressentent faim intense, irritabilité, difficulté de concentration, maux de tête et vertiges. C’est la réponse normale de ton cerveau privé de glucose et ton corps qui passe en mode économie d’énergie.
Si tu enchaînes des journées de jeûne chaque semaine sans ajuster ton alimentation les jours « normaux », les risques s’accumulent :
Chez un adulte en bonne santé, un jeûne occasionnel ne présente généralement pas de danger, pourvu qu’il soit bien hydraté et qu’il reprenne une alimentation équilibrée juste après. En revanche, répété toutes les semaines sans suivi, il expose à des complications sérieuses.
La fiche officielle du Ministère de la Santé rappelle que tout jeûne important (< 300 kcal/jour) prolongé peut entraîner troubles du rythme cardiaque, anémie, atteinte hépatique ou dégradation osseuse, et déconseille formellement ce type de pratique hors cadre médical. Il n’existe d’ailleurs aucune structure médicalisée en France qui propose un jeûne complet dans un but amaigrissant, preuve que la prudence reste de mise.
Si tu appartiens à l’une de ces catégories, ne tente surtout pas le jeûne 24 h sans avis médical approfondi. Les institutions sanitaires (Institut Pasteur, Ministère de la Santé, nutritionnistes) sont unanimes pour l’interdire aux personnes suivantes :
Si malgré tout tu veux tester, applique un protocole minimal de sécurité. On commence par le dîner la veille, on ne mange rien pendant 24 heures, on rompt le jeûne par un petit repas léger pauvre en sucre rapide pour éviter l’hypoglycémie réactionnelle.
Pour la majorité des experts, le format 16/8 offre un bien meilleur compromis entre bénéfices et risques. Il est plus facile à tenir, ne provoque pas de carences, et les études qui montrent des améliorations métaboliques l’ont surtout testé sur ce créneau. Le Dr Jean-Michel Cohen, par exemple, conseille le jeûne de 16 heures 1 à 2 fois par semaine pour relancer une perte de poids, tout en jugeant les jeûnes de plusieurs jours « dangereux ».
Si ton objectif est simplement de perdre du poids sans prise de tête, le 16/8 associé à une alimentation cohérente les 8 heures restantes est une bien meilleure porte d’entrée. Tu évites les fringales extrêmes, tu préserves ta masse musculaire, et surtout tu ne passes pas ta semaine à redouter le jour de jeûne.
Après avoir épluché des dizaines de sources, une conclusion s’impose : le jeûne de 24 heures n’a rien d’un raccourci miracle. Oui, il peut t’aider à perdre du poids, mais exactement dans les mêmes proportions qu’un déficit calorique classique, et avec plus de galères (maux de crâne, fringales, fonte musculaire). La science est claire : la perte de poids durable repose avant tout sur un déficit global, une alimentation équilibrée et une activité physique régulière, pas sur la durée de tes fenêtres sans manger.
Si tu es tenté par le jeûne intermittent, commence par le 16/8, mille fois plus soutenable et mieux documenté. Garde le 24 heures pour une occasion exceptionnelle – une journée détox après un excès, par exemple – et jamais comme routine hebdomadaire. Consulte un médecin si tu as le moindre doute, surtout si tu prends des médicaments ou si tu as des antécédents de TCA.
J’aimerais connaître ton avis : as-tu déjà testé le jeûne de 24 heures ? Comment ton corps a-t-il réagi ? Viens en parler en commentaire, je lis tout et je réponds toujours.
Sans précautions, oui. Une étude relayée par Femme Actuelle montre que la perte de poids avec le jeûne intermittent est composée environ de 50 % de graisse et 50 % de muscle.¹ Les jours sans apport protéique, le corps puise dans les acides aminés musculaires pour maintenir sa glycémie. Pour limiter la casse, il faut augmenter l’apport en protéines les jours d’alimentation et inclure des exercices de renforcement musculaire. Le coach Lucile Woodward insiste : si le jeûne est utilisé comme un « régime choc », la reprise de poids s’accompagne souvent d’une proportion plus élevée de masse grasse.²
Oui, l’eau est indispensable – vise 2 à 3 litres sur la journée. Le café noir sans sucre et les tisanes sont autorisés car ils n’apportent quasiment aucune calorie. Évite les boissons zéro calorie édulcorées, car le goût sucré peut stimuler l’insuline chez certaines personnes et déclencher des fringales.³ L’hydratation aide aussi à réduire les maux de tête, fréquents en début de jeûne. Si tu te sens faible, une pincée de sel dans un grand verre d’eau peut limiter la chute de tension.
Aucune des deux méthodes ne cible spécifiquement la graisse abdominale. La perte de tour de taille est liée à la réduction calorique globale et non au format de jeûne. Le format 16/8 est toutefois plus recommandé par les nutritionnistes, car il s’intègre mieux dans une routine quotidienne, réduit le grignotage et provoque moins de frustration. Le Dr Jean-Michel Cohen estime que le 16/8 apporte plus de bénéfices avec une bien meilleure tolérance que le 24 h.⁴
Chez un adulte en bonne santé, un jeûne hebdomadaire n’est pas dangereux en soi, à condition de ne présenter aucune pathologie chronique et de ne pas compenser par des excès. Le Ministère de la Santé alerte néanmoins sur les risques de carences, de malaises, d’anémie et de troubles du rythme cardiaque si le jeûne est prolongé ou trop fréquent.⁵ L’Institut Pasteur le classe parmi les jeûnes « plus extrêmes » et recommande de privilégier des formats plus courts.⁶ Un bilan médical préalable est fortement conseillé.
Quelques astuces concrètes qui font leurs preuves : programme ton jeûne un jour peu stressant, sans activité physique intense ni obligations sociales. Bois chaud quand la faim se manifeste – un grand mug de bouillon clair non salé peut aider. Occupe tes mains et ton esprit : tri de papiers, ménage, marche lente. Planifie ton repas de reprise pour ne pas te jeter sur le premier snack venu. Enfin, rappelle-toi que la sensation de faim vient par vagues et dure rarement plus de 20 minutes. Si tu as des crises d’angoisse ou des obsessions alimentaires, arrête immédiatement : ce n’est pas la bonne méthode pour toi.